Regard Persan


Depuis les événements du mois de juin 2010, l’intérêt pour le cinéma iranien s’est ravivé.
Les films iraniens ont rencontré un vif succès depuis un an dans le circuit des festivals. Bahman Ghobadi a obtenu le prix spécial du jury pour les Chats Persans, à Cannes, en mai 2010. Green Days, le film de Hana Makhmalbaf sur les jours précédant l’élection présidentielle, a été distingué au Festival de Venise en septembre, tout comme le thriller Téhéran, de Nader Takmil Homayoun , ou encore Women Without Men de Shirin Neshat. Le Forum des images à Paris a programmé en 2010 un Focus sur l’Iran, dans le cadre du Festival un etat du monde et… du cinéma, qui a permis de découvrir certains des meilleurs films iraniens réalisés cette année là.

Le phénomène Une séparation de Asghar Farhadi ne déroge pas à la règle.
Film iranien a portée universelle, Une séparation a obtenu l’Ours d’or au dernier festival de Berlin.
Farhadi n’est pas un cinéaste de la censure, à la limite, ce n’est même pas un cinéaste ‘iranien’. C’est-à-dire que ce film a une vraie portée universelle, peu importe que son réalisateur en soit iranien. Certes, il se passe en Iran, et l’on ressent parfaitement bien les limitations inhérentes à cette société. Mais même sorti de son cadre spécifique et fascinant pour le spectateur occidental, le film garderait toute sa force, car Farhadi capte admirablement bien les liens qui unissent et désunissent les personnages.

A la fois portrait de l’Iran contemporain et fable universelle, Une séparation de Asghar Farhadi est une oeuvre réussie et portée par un casting irréprochable.

Cette nouvelle génération de cinéastes iraniens réalisent des films d’une portée politique bien plus flagrante que les films de leurs ainés, qui ont rendu le cinéma iranien célèbre dans le monde (Abbas Kiarostami, Mohsen Makhmalbaf, Alireza Davoudnejad, Niki Karimi, etc). La génération précédente était obligée d’utiliser les symboles et de suggérer les restrictions plutôt que de les montrer. Actuellement, les réalisateurs osent beaucoup plus affirmer leur message politique, sans doute en ayant abandonné des vélléités de retour en Iran. Le cinéma se fait avec moins de moyens, comme Sepideh Farsi qui a filmé avec un téléphone portable pour son saisissant Téhéran sans autorisation, ou Ghobadi et Homayoun qui affirment tous les deux avoir filmé en trois semaines. La ville de Téhéran, qui a toujours fasciné les cinéastes iraniens, est aujourd’hui la vraie vedette de cette deuxième nouvelle vague iranienne. Les réalisateurs collent au rythme effréné de la capitale, veulent montrer son côté underground, son urbanisme anarchique, la vitalité de sa jeune population, tout comme ses aspects plus sombres, pauvreté et trafic en tout genres.

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