« Je pense, donc le cinéma existe »

Confronter les images du cinéma et les concepts de la philosophie. Un concept philosophique peut-il aider à voir un film ? Un film peut-il rendre lisible un concept ? Lorsque le cinéma naît à la fin du XIXe siècle, il est considéré comme un divertissement populaire et les philosophes ne se précipitent guère sur son berceau. Comment ces deux domaines hétérogènes, jeune art du mouvement d’un côté, connaissance conceptuelle ancestrale de l’autre, ont-ils fini par se rencontrer ? Il y a une lente reconnaissance du cinéma dans les études académiques, dans le milieu intellectuel en général, et en particulier en philosophie. Au moment où est apparu le cinéma, et dans ses premières décennies, celui-ci était mal considéré. Des philosophes tels qu’Alain, ne voyaient dans cet art qu’un simple « divertissement ». C’est à partir de la génération de Jean-Paul Sartre, Maurice Merleau-Ponty, intellectuels passionnés de cinéma, que cet art commence à être pris en compte dans la pensée philosophique. Cependant, le véritable tournant interviendra au début des années 1980, avec Gilles Deleuze, qui est l’un des premiers à proposer une réelle pensée philosophique du cinéma, à travers deux ouvrages : L’Image mouvement. Cinéma 1 et L’Image temps. Cinéma 2. La philosophie investit désormais le cinéma, Deleuze, renouant avec Bergson, crée le concept de l’image-temps, Les  » cinéphilo « , qui ont pris place aujourd’hui dans ces cavernes modernes que sont aussi bien salles d’Art et d’Essai que multiplexes. La salle de cinéma apparaît comme le lieu idéal pour développer cette proposition : plutôt que subir les images, les utiliser comme pré-texte et comme introduction à la philosophie. Le but est de fournir aux spectateurs des outils philosophiques qui permettent de décrypter les images et d’en interroger le sens. La conférence ne réclame aucune connaissance philosophique préalable ; elle ne s’adresse pas aux spécialistes de philosophie ou de cinéma. Il ne s’agit pas d’une projection suivie d’un débat, mais d’une séance alternant concepts et extraits de films, organisant le dialogue entre philosophie et cinéma. Il s’agit de faire naître des questions qui donnent envie de lire, d’écrire et de parler. Partir de l’image pour repartir avec des mots. Un livre qui est un passage obligé pour tous les cinéphiles et férus de philosophie et de réflexions, « Vertiges du Désir » est l’ouvrage idéal pour se cultiver, penser et de divertir en lisant la plume exigeante, agréable et érudite d’Ollivier Pourriol. Après le succès public et critique de « Cinéphilo », Ollivier Pourriol poursuit, avec talent et témérité son œuvre critique et analytique en mêlant Philo et Ciné. C’est passionnant et jubilatoire. A acheter d’urgence.

VERTIGES DU DÉSIR, Comprendre le désir par le cinéma, Ollivier Pourriol. Nil Editions.

“Manuel de cinéphilosophie”, La Philosophie sur grand écran Olivier Dekens Ellipses Editions.

Juliette Cerf Cinéma et Philosophie L’etoile Editions De Cahiers Du Cinema

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