Cinema Obscura

Cinema obscura

Parmi les noms qui jalonnent les débuts du cinéma, Daguerre, Etienne Marey ou les Frères Lumière, il manque celui d’une pionnière, Alice Guy Blaché,. Première femme cinéaste, c’est par hasard qu’elle s’est adonnée au 7ème art. Poussée par la nécessité de travailler, elle entre comme secrétaire au comptoir général de la photographie en 1894. Racheté un an plus tard par Léon Gaumont, tout un horizon s’ouvre à ses pieds, celui du cinéma. Totalement autodidacte, elle commence à s’intéresser à ce nouveau média qui enregistre des images mouvantes. Ayant un sens affuté des affaires, Alice Guy participe à la commercialisation des trouvailles de Léon Gaumont. A l’origine, ce qui relève de considérations économiques devient une véritable passion. Alors que les premiers films servaient de matériel de démonstration, Alice Guy décide d’aller plus loin en introduisant la fiction. Travailleuse invétérée, la production d’Alice Guy compte plus de 600 films. Dans sa première réalisation La fée aux choux, la fée se transforme en vendeuse d’enfants, n’hésitant pas à les exhiber comme de vulgaires produits. Dans La Marâtre, librement inspiré de Balzac, elle met en scène une belle-mère brutale et relaie les relations complexes d’une famille. Dans Avenue de l’opéra, elle expérimente les trucages. Avec La vie du Christ, super production de 34 minutes , à une époque où les films n’en excèdent pas 6 ou 7, elle explore le tournage en plein air. Aux Etats-Unis, où elle s’installe en 1907 et fonde sa propre maison de production en 1910, la Solax Company, :;Alice Guy se fraye un chemin à travers tous les genres, du western au fantastique. Eclectique, l’œuvre d’Alice Guy a su imposer une dimension artistique et créative aux inventions multiples de son époque. Ce qui n’était qu’une affaire de machines devint antre de l’imaginaire, contribuant à ériger le cinéma au rang de 7ème Art. Une petite controverse existe quand à l’origine de ses débuts, en effet une absence quasi-totale de documents de première main et contemporains sur la présence d’Alice Guy dans la société Léon Gaumont pour les années 1895-1906 a entrainé chez les historiens anciens et modernes qui se sont intéressés à cette pionnière du cinématographe une grande dispersion et confusion dans l’établissement de la chronologie de ses débuts et de sa filmographie. mais pour autant, personne ne remet en cause son oeuvre après 1900 ou presque. Une femme qui reste néanmoins une pionnière dans bien des domaines du cinéma, puisqu’elle fut la première à faire usage du gros plan, entre autre, à monter une société de production en qualité de femme, ainsi que la première à détruire une voiture, engendrer des explosions, ou faire usage d’animaux sauvages dans ses films. Une carrière riche de plus de 600 Films, au sein de laquelle elle aura aussi été la première à adapter à l’écran, un roman, un opéra, ainsi qu’à faire usage de Cartes Postales ou d’Affiches pour ses films. Le 24 Mars 1968 dans le New Jersey c’est le dernier clape de fin pour cette grande Dame du cinéma, sans avoir pu retrouver l’essentiel de ses oeuvres, ni même avoir trouvé un éditeur acceptant de publier ses mémoires, et après plusieurs rejets de ces derniers. Des mémoires qui seront malgré tout publiées à titre posthume.

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